Le projet Probio3

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«Demain, les avions vont voler avec l’utilisation de déchets agricoles et forestiers », a déclaré Carole Molina-Jouve, professeur à l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse et coordinatrice de ProBio3, ajoutant que le défi est de passer de 20 litres produits en ce moment en laboratoire à un processus industriel de masse.

Le  projet ProBio3 est porté par l’institut national de la recherche agronomique (INRA) et assuré pour la partie scientifique par l’INSA, l’INRA et le CNRS. Il reçoit plus de vingt millions sur huit ans pour développer une filière industrielle.

«Nous sommes sur la même technologie que la production de bière avec de la fermentation à partir de levures et de bactéries. Le processus permet de convertir en hydrocarbures du carbone issu de déchets agricoles (paille, copeaux de bois, déchets forestiers…). Il est bien entendu hors de question de produire du biokérosène à partir de matières premières alimentaires» explique-t-elle.

«Les carburants du futur, c’est la discussion du moment en aéronautique. Nous avons deux défis à relever : répondre à la demande croissante en énergie en réduisant l’impact sur l’environnement et augmenter notre indépendance énergétique. Les carburants liquides représentent l’utilisation la plus rationnelle pour l’industrie aéronautique : pour faire voler un avion, il faut être le plus léger possible. Nous voulons être les sponsors et les architectes de ce projet. Il n’y a pas de temps à perdre, 2020, c’est demain et nous devons atteindre l’objectif de production de deux millions de tonnes de biokérosène par an. Il y aura beaucoup de filières concurrentes, la France doit se positionner», confie Jean Botti, directeur technique exécutif d’EADS.

Le projet Probio3 a été lancé fin 2012. Il s’étale sur 8 ans, et comprend plusieurs phases :

  • phase 1 – évaluer la fermentescibilité de différents sous produits industriels, de résidus secs à à forte teneur de ligno-cellulose pouvant constituer une source de matière première stable pour la filière. La conversion de la biomasse en lipides devrait avoir lieu en une seule étape par des micro-organismes possédant les deux fonctions de dégradation des longues chaines moléculaires et leur transformation en lipide.
  • phase 2 – optimiser la production de lipides, à l’aide de nouveaux micro-organismes, en tenant compte d’exigences industrielles.
  • phase 3 – transposer les techniques d’extraction traditionnelles d’huile (de graines) à la cellule, à l’aide de solvants verts.
  • phase 4 – quantifier les performances pour chaque microorganisme/substrat pour des production allant jusqu’au m3. Est aussi étudiée la possible valorisation de co-produits qui viendrait diminuer les coûts de production.
  • phase 5 – évaluer les impacts environnementaux, économiques et éthiques.
  • phase 6 – transfère les résultats de la recherche