Les stocks de combustibles fossiles et d’uranium

Ressources et réserves de combustibles fossiles

Les mots «ressources » et « réserves » ont des sens très précis pour les géologues.

Les « ressources » de charbon  sont constituées de tout le charbon que l’on peut trouver sur Terre, y compris celui qui se trouve à 3000 mètres de profondeur dans des veines de 10 cm d’épaisseur. Personne n’ira jamais chercher ce charbon car il coûterait plus d’énergie de le ramener à la surface que ce qu’il pourrait fournir. Autre exemple, dans le sous-sol de la région parisienne dorment des dizaines de milliards de barils de produits fossiles, non conventionnels et difficiles à extraire1 Il existe quantité de ressources de pétrole, de gaz et de charbon et autres produits non conventionnels, qui ne sont pas exploitables, au moins dans l’état actuel des techniques.

Les « réserves » ont un sens différent ;  ce sont les ressources que l’on exploite, ou que l’on pourrait exploiter. Par exemple en France il n’y a pas de réserve de charbon, car exploiter le charbon est interdit. Il n’y a pas non plus de réserves de gaz de schistes, car les gaz de schistes ne sont pas exploités. Un jour futur le charbon pourrait redevenir une réserve en France, mais pour cela il faudrait que la population l’accepte, que les règlements changent, que l’on recrée le métier de mineur.

Réserves et scénarios

Les réserves « prouvées » (il y a aussi les réserves « probables » et les réserves « possibles ») évaluées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sont souvent traduites en années. Pour faire cela on divise les réserves par la consommation annuelle actuelle. Notons que si l’on reporte la consommation mondiale sur une énergie particulière (remplacement du pétrole par le gaz naturel, par exemple), le nombre d’années de réserve va diminuer. Les résultats obtenus par l’AIE en 2010 sont les suivants :

  • Pétrole conventionnel 54 ans (rappelons qu’en 1956 où la consommation était moindre, ce nombre d’années n’était que de 40 ans)
  • Gaz naturel conventionnel : 65 ans. Avec les gaz de schiste ce nombre d’années sera considérablement augmenté.
  • Charbon : 183 ans

Concernant la production d’électricité par des filières nucléaires, le combustible est aussi épuisable. Le nombre d’années serait de production serait de 200 ans avec la technologie actuelle de réacteurs (réacteurs à neutrons lents), et le même nombre de réacteurs dans le monde.  Mais il serait de plusieurs dizaines de milliers d’années en utilisant la technologie des réacteurs à neutrons rapides. L’utilisation du thorium, 2,5 fois plus fréquent que l’uranium dans l’écorce terrestre augmenterait encore plus les réserves, sans parler de l’uranium extrait de la mer qui permettrait de disposer de réserves pendant très longtemps – à un prix plus élevé.

  World Energy Concil Nombres d’années restantes  WEC
Charbon : Bitumineux : 405 Gt, Sous-bitumineux => 261 Gt, Lignite => 195 Gt ;Total = 861 Gt 150 ans
Pétroles : 160 Gt 40 ans
Pétrole de schiste (Shale oil) : Exploité déjà en France en 1839 à Autun. En Ecosse exploitation industrielle dès 1859.690 Gt.
Pétrole lourds BitumeExtra heavy Oil 3 300 milliards de barils2 150 Gbl
Gaz Naturel : 76 000 Gm3170 000 Gm3 de gaz de schistes annoncés comme techniquement récupérables dans le monde. 70 ans156 ans
Tourbe : surface exploitable 3 974 000 km2 ; 12,7 produits en 2008    
Uranium 3,5 MT à moins de 130$/livre : 105

Référence année 2008, source : World Energy Council 2010,  http://fr.wikipedia.org/wiki/Ressources_et_consommation_%C3%A9nerg%C3%A9tiques_mondiales 

 

 

  1. Hydrocarbures non conventionnels IFPEN , 2011 []

« Ressources » et « réserves »

« Ressources » et « réserves »

Les mots «ressources » et « réserves » ont des sens très précis pour les géologues.

Les « ressources », de charbon par exemple, sont constituées de tout le charbon que l’on peut trouver sur Terre, y compris celui qui se trouve à 3 000 mètres de profondeur dans des veines de 10 cm d’épaisseur, que personne n’ira jamais chercher : il coûterait plus d’énergie de le ramener à la surface que ce qu’il pourrait fournir. Autre exemple, dans le sous-sol de la région parisienne dorment des dizaines de milliards de barils de produits fossiles, non conventionnels et difficiles à extraire1

Les diverses estimations s’accordent sur le fait que les ressources sont très importantes : il existe quantité de « ressources » de pétrole, de gaz et de charbon et autres produits non conventionnels. Pour l’essentiel elles ne sont pas exploitables, au moins dans l’état actuel des techniques. Celles-ci n’évoluent pas vite2

Le mot « réserve » a un sens différent ; les réserves sont les ressources que l’on exploite, ou que l’on peut exploiter. Par exemple en France il n’y a pas de réserve de charbon, car exploiter le charbon est interdit. Il n’y a pas non plus de réserves de gaz de schistes, pour la même raison. Un jour futur le charbon pourrait redevenir une réserve en France, mais pour cela il faudrait que la population l’accepte, que les règlements changent, …

L’abondance des réserves  repose sur la capacité technique à extraire pétrole, gaz et charbon des endroits où ils se trouvent.  Elles sont souvent présentées en nombre d’années d’exploitation restantes (par exemple les estimations de l’AIE) au rythme de consommation actuel. Les chiffres disponibles sont en général donnés sans marge d’erreur. Dans ce cas, cette marge est au moins de l’ordre de 20%. Les chiffres sont aussi à prendre avec précaution : comme ils peuvent avoir des répercussions économiques, les données sont opaques, et l’information peut être manipulée.

  1. HYDROCARBURES NON CONVENTIONNELS, IFP-EN, 2011 []
  2. Comme le dit le PDG de Total, Christophe de Margerie : « Dans notre industrie, 2010-2035, c’est une période très courte. La possibilité de réaliser des « ruptures » technologiques et de les transformer en réalité industrielle prend beaucoup de temps. » http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/10/christophe-de-margerie-le-changement-climatique-c-est-serieux_1814993_3244.html []

Les réserves de combustibles fossiles et d’uranium

Les réserves prouvées (il y a aussi les « réserves probables » et les « réserves possibles ») sont souvent traduites en années. Pour cela on divise les réserves par la consommation annuelle actuelle..Les résultats obtenus par  l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en 2010 sont les suivants :

  • Pétrole conventionnel 54 ans
  • Gaz naturel conventionnel : 65 ans. D’après l’AIE, avec les gaz de schiste ce nombre d’années sera considérablement augmenté1.
  • Charbon : 183 ans

Les chiffres de l’AIE ne sont pas  fiables et varient (rappelons qu’en 1956 où la consommation était moindre, ce nombre d’années n’était que de 40 ans)

Notons que si l’on reporte la consommation mondiale sur une énergie particulière (remplacement du pétrole par le gaz naturel, par exemple), le nombre d’années de réserve va diminuer.

En ce qui concerne les réserves de gaz de schiste en Europe, leur estimation ne cesse d’évoluer. En ce qui concerne la Pologne par exemple, l’estimation des réserves exploitables a été diminué d’un facteur 10 entre 2011 et 20122. Ce qui est réellement exploitable monterait à quelques centaines de milliards de m3 dans toute l’Europe, alors que la consommation de gaz en Europe est de 860 milliards de m3 par an3.

Concernant l’énergie nucléaire dont le combustible est aussi épuisable, le nombre d’années serait de 200 ans avec la technologie actuelle de réacteurs (réacteurs à neutrons lents) mais serait de plusieurs dizaines de milliers d’années en utilisant la technologie des réacteurs à neutrons rapides. L’utilisation d’un autre atome que l’uranium, le thorium, qui 2,5 fois plus fréquent que l’uranium dans l’écorce terrestre augmenterait encore plus les réserves.  Des milliards de tonnes d’uranium sont aussi dilués dans l’eau de mer. Comme la production mondiale est de 50 000 tonnes par an4, extraire l’uranium de la mer permettrait de disposer de réserves pendant très longtemps.

Références

 

  1. Une critique des »prévisions excessivement optimistes » de l’AIE : http://www.manicore.com/documentation/articles/echos_scenarios_aie.html []
  2. Les réserves de gaz de schiste en Pologne : http://www.rue89.com/2013/03/11/yeux-fermes-bras-ouverts-la-pologne-dit-oui-au-gaz-de-schiste-240454 []
  3. la consommation de gaz en Europe : Key World Energy Satistics 2012, IEA []
  4. en 2010, http://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium []