Les transports de demain

Poster 9

14litres Batteries et agro-carburants pour les transports

Le moteur à explosion est une invention du 19 ème siècle, place aux nouvelles inventions !

Rien qu’en France 150 000 tonnes de pétrole partent chaque jour en fumée dans les moteurs ! Dans le monde, 8 milliards de litres !  Et le nombre de voitures dans le monde ne cesse d’augmenter ! De plus, dans un moteur à explosion seuls 25% environ de l’énergie contenue dans l’essence ou le gasoil sert à faire tourner le moteur. L’essentiel de l’énergie part en chaleur, alors que chaque litre d’essence libère 1 200 litres de CO2.

A l’avenir comment remplacer ce pétrole (et autres fossiles) ?

  • Par de l’électricité : de nombreux véhicules seront électriques si le prix des batteries devient compétitif. Mais il faudra alors augmenter la capacité de production d’électricité : si on remplaçait tous les réservoirs d’essence par des batteries,  la consommation d’électricité augmenterait de180 TWh d’électricité  par an, rien qu’en France1 , c’est-à-dire  qu’il faudrait augmenter d’un tiers la production électrique française actuelle.
  • Par des agro-carburants, de l’hydrogène ou du méthane, produits massivement de façon durable. Cela sera peut-être possible par l’utilisation de micro-algues.

Mais dans tous les cas, la solution sera plus facile à trouver si la consommation d’énergie diminue, en baissant la part de la voiture dans nos déplacements avec des transports en commun par exemple !

velo electrique Le vélo électrique

Il y a plus de 100 millions de vélos électriques en Chine !

La bicyclette est le moyen de transport le plus économique.  Elle utilise la force musculaire. Avec une assistance électrique, elle reste faite pour les petits trajets. Par définition sa vitesse est limitée à 25 km/h. La batterie (2 à 3 kg) possède une autonomie proche de 50 km, elle est capable d’absorber les côtes les plus raides, et le prix de l’électricité est inférieur à 1 euro les 1000 kilomètres.  En comptant le prix du vélo et de la batterie, le prix du  km est inférieur à 3 centimes ! Elle est utile à la campagne et zones peu denses, par les chemins et petites routes. En ville, il faut des adaptations : parkings sécurisés, bornes de recharge, voies aménagées pour les cycles.

voiture basse consommation La voiture basse consommation

Une automobile consomme entre 20 et 40 fois ce que consomme un vélo pour parcourir la même distance, à cause de son poids et de sa vitesse bien plus grande.

Plus la voiture est légère, moins elle a d’inertie,  et moins elle a besoin d’énergie à l’accélération. Réduire la masse des voitures permet de réduire leur consommation. Mais ce n’est pas la seule façon de la réduire.

Par exemple les pneus dissipent de l’énergie en changeant de forme quand ils roulent, les pneus « verts » permettent une réelle économie. L’arrêt du moteur aux feux rouges constitue aussi un gain en ville. Mais l’hybridation permet d’envisager des réductions encore plus importantes de la consommation2

voiture hybride La voiture hybride

Une voiture hybride électrique possède deux moteurs : un moteur à essence et un moteur électrique.

La  Prius de seconde génération, qui fait référence dans le domaine rejette environ 90 grammes de CO2 dans un circuit urbain : son moteur électrique prend le relais dans les embouteillages, dans les accélérations, … et la batterie qui l’alimente se recharge au freinage : l’énergie de la vitesse, plutôt qu’être perdue en chaleur dans les freins, est convertie en électricité et recharge la batterie. Pour ceci,  il n’est besoin que d’une batterie capable de stocker 2 ou 3 kWh. En technologie NiMH, elle ne pèse que 30  kg.  Elle offre une autonomie très réduite de quelques kilomètres, mais l’intérêt est ailleurs :  la gestion astucieuse de l’énergie permet de réduire la consommation de carburant d’un facteur 2 en ville ainsi que les émissions de CO2.

Mais sur l’autoroute seul, le moteur thermique fonctionne, et l’hybridation n’apporte aucun avantage sur la consommation ou le rejet de CO2.

La voiture hybride chargeable

Les batteries faisant encore des progrès, elles  permettront, pour quelques kilogrammes de plus, une autonomie de 30 à 40 km. Les voitures hybrides pourront être rechargées à l’arrêt, pour ne rouler que sur batterie, en ville. Ce sont les hybrides chargeables ou hybrides « plug-in ».

La voiture hybride à air comprimé

Une variante de la voiture hybride consiste à utiliser l’air comprimé pour stocker l’énergie perdue au freinage. La capacité d’une bombonne de 80 litres pouvant supporter une pression de 300 bars (environ 300 fois la pression atmosphérique), est de l’ordre de  3 kWh3. Mais lorsque l’on comprime l’air, il chauffe, et lors qu’il se détend il refroidit, et seule une partie de l’énergie peut être convertie en énergie de mouvement, pour quelques kilomètres.  L’autonomie d’une voiture fonctionnant uniquement à l’air comprimé est très réduite. Mais dans un système hybride elle permet d’économiser plus de 30 % de carburant en ville.

Pour ce qui est du prix,  pour l’instant, les véhicules hybrides, quel que soit leur nature, sont plus chers que les véhicules conventionnels.

voiture electrique La voiture électrique est-elle propre ?

En France, 80 % des trajets sont inférieurs à 80 km. La voiture électrique y est très bien adaptée. Mais est-elle vraiment plus propre ?

D’abord combien consomme-t-elle ? Une voiture consomme entre 20 et 40 fois l’énergie d’un vélo. Pour les trajets inférieurs à 150 km, un réservoir de 30 kWh suffit, comme une batterie au lithium-ion de 200 kg.  Par contre l’autonomie décroit si les phares, ou surtout le chauffage, sont utilisés. Le rechargement de la batterie s’effectue sur une prise électrique, et prend entre 6 à 8 heures à cause de la limitation du réseau électrique. Les batteries pourraient être chargées en moins d’une heure avec des bornes « flash » de 40 kW de puissance, mais le réseau ne serait pas capable de supporter que des dizaines de milliers de voitures se chargent à la même heure.  De plus ce type de charge rapide détériore la batterie (pour en savoir plus, à ce sujet, voir les recherches menées à l’IFFSTAR ).

Pour ce qui est du CO2, combien une voiture électrique en émet-elle  ? En fait, cela dépend de comment l’électricité est produite : avec du charbon, qui émet 1 000 g de CO2 par kWh électrique produit, une voiture Li-ion émet presque 250 g au kilomètre, contre moins de 160 g pour une voiture à essence moderne, et encore moins pour une voiture hybride, en ville.  En France et dans d’autres pays où la fabrication d’électricité émet peu de  CO2 (entre 45 et 85 g de CO2 en France selon l’heure), la voiture électrique a un impact positif.

Quant à l’ensemble du CO2 émis durant la construction et le recyclage, il représente des centaines de kilos de CO2 par an sur toute la durée de vie de la voiture, pour une voiture à essence comme pour une voiture électrique. Allonger la durée de vie des véhicules permet d’amortir l’impact de leur construction.

Le prix des voitures électriques est encore très élevé, à cause du prix des batteries. Diminuer la masse des batteries, allonger leur durée de vie, permettra de baisser leur prix et être compétitif.

Enfin un autre avantage de la voiture électrique est l’absence de rejets de polluants comme les oxydes d’azote ou les particules, en particulier en ville.

fille Le covoiturage

N’utiliser qu’une voiture, et voyager ensemble, c’est plus sympathique. Cela demande plus de souplesse, un peu plus d’organisation, mais quelle économie ! Une seule voiture qui se déplace au lieu de deux ou trois, ça fait une vraie différence à la longue !

bus Le casse tête des transports en communs

Un trajet en bus consomme 3 fois moins d’énergie qu’en voiture, et un trajet en train 6 fois moins.

L’usager se satisfait des transports collectifs lorsque le réseau est dense, dans des très grandes villes comme Paris. Ainsi il peut plus ou moins rapidement atteindre sa destination. Cela suppose de nombreux équipements qui, forcément, circuleront à vide, ou presque, aux heures creuses. Or un autobus, par exemple, qui ne circule qu’avec un ou deux passagers, consomme plus d’énergie et pollue plus qu’une voiture particulière transportant ceux-ci.

Dans les périphéries des villes, en grande banlieue – l’habitat est dispersé et un réseau de transports en commun est peu rentable. Il est plus intéressant d’utiliser un système mixte,  dans lequel le voyageur se rend par lui-même à la gare la plus proche, puis effectue le reste du trajet en transport en commun.

A la station d’arrivée,  il doit pouvoir trouver un moyen de transport (bus, minibus, vélo, …) pour rejoindre rapidement sa destination finale,  s’il en est encore à quelques kilomètres. D’où l’idée aujourd’hui de transformer certaines gares en grands centres multimodaux.

avion Quelles solutions pour les avions ?

Les avions consomment presque autant d’énergie par passager qu’une voiture 4.  Et pour un aller retour Paris – New York, c’est une tonne de CO2 qui est émise par passager !

Les émissions de CO2 de l’aviation représentent 2,5 % de toutes les émissions fossiles, et 12 % de celles liées au transport. La question semble donc moins cruciale que pour le transport terrestre. Mais, d’une part le trafic aérien est en forte hausse, d’autre part, l’ensemble des émissions des avions ( CO2 et autres) ont un effet double au niveau de l’effet de serre (http://elib.dlr.de/59761/1/lee.pdf)

Pour limiter l’impact de l’aviation sur le climat,  les améliorations sur les moteurs et les avions seront essentielles.  Mais développer des solutions  pour remplacer à terme les combustibles fossiles va être nécessaire : les agro-carburants liquides et l’électrification ( batteries ou piles à combustible à l’hydrogène) sont les deux options les plus prometteuses .

Les agrocarburants de seconde génération ont déjà été testés sur des avions.  C’est la solution la plus simple, mais elle n’empêche pas une augmentation de l’effet de serre, car  l’ajout de CO2 en altitude a un impact plus important. L’avantage des réacteurs à hydrogène est de ne pas polluer du tout si l’hydrogène est produit par électrolyse utilisant de l’électricité produite sans émission de CO2 ou dans le futur, il est produit par des microorganismes de façon durable. Le problème qui limite  l’utilisation de l’hydrogène dans les transports est celle du poids des réservoirs (voir plus loin).

bateau Le transport de marchandises

Par km parcouru,  les trains, les porte-conteneurs, les péniches et les semi-remorques sont les modes de transport les plus efficaces du point de vue énergétique : chaque tonne transportée ne coûte que  quelques grammes de pétrole (entre  5 et 20 grammes). Les camionnettes et les avions consomment plus de 10 fois plus. Les trajets effectués en voiture personnelle consomment encore plus : environ de 3 à 5  kg de pétrole par km et par tonne de marchandises transportée. ( Voir la consommation des différents moyens de transport de marchandises)

Par exemple, pour livrer des marchandises (des tomates, des boissons, du riz, etc.), dans un magasin à 500 km du lieu de production, il faut 10 kg de gazole par tonne de marchandise voyageant dans un gros camion bien rempli de 30 tonnes (soit 300 kg de gazole  pour le moteur du camion) . Si  cette marchandise est achetée par 3 000 personnes (10 kg de marchandises chacune), devant faire 10 km en voiture aller-retour pour s’approvisionner au magasin, ces petits  trajets cumulés consomment en tout 1 500 kg de pétrole. Au niveau du transport, finalement, cette étape liée au consommateur est tout sauf négligeable dans le cycle de vie de l’objet. C’est le problème des centres commerciaux  qui ne sont accessibles qu’en voiture, loin des zones d’habitation. Ils ont été conçus quand on n’avait pas bien pris conscience des inconvénients des combustibles fossiles : on a laissé les zones commerciales s’installer à la périphérie des villes, et les villes s’étaler. Pour favoriser les économies d’énergie, des systèmes de livraison aux particuliers ou un retour au commerce local pourraient voir le jour, sous contrainte de présenter un coût peu élevé pour le consommateur.

ferroutage Et le ferroutage ?

Les émissions de CO2 sont de l’ordre de 100 fois plus faibles que celles d’un camion.

Le ferroutage, c’est à dire le transport associant le rail – sur les longues distances – et la route – sur les petites distances au départ et à l’arrivée – est intéressant en termes énergétiques et de pollution. Bien développé en Europe (il est en particulier très utilisé sur de longues distances entre l’Allemagne du Nord et les pays du Sud) ce mode de transport a du mal à s’imposer en France. En effet, 80 % du transport de marchandises en France se fait par la route et le rail ne contribue qu’à la hauteur de 12 %.

En 2007 une liaison quotidienne entre Perpignan et le Nord de la France a été mise en place. Cette liaison permet de transporter 30 000 remorques par an, soit environ 10% du trafic allant de la frontière Espagnole au Luxembourg. Elle réduit le coût du transport d’environ 10 % ainsi que la durée du trajet (14h30 au lieu de 17 à 22 heures). L’objectif est d’atteindre 300 000 camions par an à l’horizon 2012-2014 avec une dizaine de trajets quotidiens.

routes Routes, ponts et infrastructures

Routes, ponts, voies ferrées,  bâtiments … leur construction demande de l’énergie  et des ressources.

L’essentiel du bitume utilisé en France l’est sur les routes et les 2/3 des bétons sont destinés aux bâtiments et ouvrages d’art. La construction des infrastructures consommera-t-elle moins d’énergie dans le futur ? Il s’agit de diminuer les ressources nécessaires à leur construction, et surtout d’allonger leur durée de vie.

Par exemple,  un pont actuel a une durée de vie d’environ 100 ans. Au bout de 100 ans il faut pouvoir le modifier ou le détruire pour en construire un nouveau. A ce moment on est face à un casse-tête car la démolition n’a pas été prévue au départ, et  l’opération coûte très cher. Certes, les vieux matériaux de construction peuvent  être valorisés. Mais surtout, on réaliserait une économie importante  si l’on prévoyait  comment déconstruire les ouvrages d’art au moment de leur construction.

batterie Les batteries  du futur.

Les batteries stockent l’énergie sous forme chimique et la rendent sous forme électrique. Il s’agit de faire des batteries plus respectueuses de l’environnement.

Une voiture devant rouler entre 150 et 200 km a besoin d’au moins 30 kWh d’énergie utile. Environ 200 kg de nouvelles batteries (batteries au lithium) peuvent stocker cette énergie, avec une durée de vie autour de 100 000 km. Les batteries au Plomb par contre représentent une masse bien trop importante pour être utilisées ainsi.

Mais les  procédés actuels de production des batteries sont énergivores : la fabrication et le recyclage d’un kWh de batterie demandent environ 380 kWh, et libèrent 100 kg de CO2 !5. Pour l’avenir, il existe de nombreuses pistes de recherche : Par exemple actuellement, ce sont les électrodes des batteries qui sont les pièces les plus coûteuses en énergie à fabriquer. Il faudrait réussir  à les fabriquer en utilisant la chimie verte à partir de la biomasse : par exemple, un matériau composé de fer de phosphore et d’oxygène (FePO4) utilisé actuellement pourrait être, un jour, réalisé de façon biologique par des bactéries.

Un autre objectif qui est poursuivi dans les laboratoires de recherches aujourd’hui est de concevoir des batteries à base de végétaux. Elles utiliseraient des électrodes entièrement organiques, donc plus facilement recyclables, pour un coût faible. Peut-être verront-elles le jour dans 10 ou 20 ans ?

hydrogeneL’hydrogène dans les transports

L’hydrogène et les véhicules à pile à combustible.

Dans les véhicules à hydrogène, une pile à combustible produit de l’électricité qui est utilisée pour alimenter le moteur électrique du véhicule avec une batterie tampon.

L’avantage de l’hydrogène est que dans une « pile à combustible »6 le rendement pour fournir de l’électricité peut atteindre 50 %. En outre la pile fournit de la chaleur et de l’eau, produits par la réaction entre hydrogène et oxygène, mais pas de gaz à effet de serre ni autre polluant.

Il y a quand même quelques problèmes … le principal est que pour effectuer cette réaction entre hydrogène et oxygène, la pile a combustible utilise un « catalyseur », qui pour l’instant est en platine, un métal excessivement cher. Si toutes les voitures roulaient à l’hydrogène, elles utiliseraient presque 300 fois la production annuelle actuelle de platine …  il faudrait donc vraiment trouver d’autres matériaux catalyseurs. D’autre part, il faudrait aussi  produire l’hydrogène par électrolyse : de l’ordre de 250 à 300 TWh par an, ce qui représente 25 à 30 réacteurs nucléaires de 1 GW électrique ou 50 000 ou 60 000 éoliennes d’une puissance de 2 MW. Il faudrait aussi installer des distributeurs d’hydrogène partout sur les routes et en ville, en plus ou à la place des pompes à essence. On voit combien les investissements à réaliser sont importants.

Malgré ces difficultés, la voiture la hydrogène va-t-elle s’imposer pour remplacer l’essence ?  L’hydrogène est un gaz très léger, mais le principal problème à ce jour réside dans le réservoir ! Pour contenir de l’hydrogène sous pression il faut une bonbonne (en acier ou matériau composites) solide et  lourde de plusieurs dizaines de kg devant de plus offrir des garanties de sécurité en cas d’accident.  D’autres types de réservoirs sont envisagés dans le futur,  l’hydrogène étant stocké dans des matériaux servant en quelque sorte d' »éponges », ce qui éviterait ce défaut important. Pour l’instant ils sont encore peu adaptés aux contrainte d’une voiture. (Pour en savoir plus sur les réservoirs pour l’hydrogène, cliquer ici)

Renault-Nissan, Damler et Ford ont signé un accord début 2013 pour développer ensemble des voitures à hydrogène d’ici 20177. C’est que la pile à combustible apporte l’autonomie dont ne dispose pas le véhicule électrique équipé de batterie

s, tout en gardant les mêmes qualités (absence de pollution et limitation du bruit), un argument intéressant pour les consommateurs si le coût ne se révèle pas prohibitif.

ressources Recyclage des batteries et des matériaux

Nous entrons dans la société du recyclage.

L’utilisation de  batteries à grande échelle dans les transports implique un recyclage à grande échelle aussi du lithium, du cobalt et autres métaux utilisés dans les batteries. Des projets et des développements sont aujourd’hui en cours pour répondre à cette question.

D’ailleurs c’est l’ensemble de notre consommation qui est concernée par le recyclage : les déchets contiennent des ressources, qui ne doivent pas être gaspillées, celles-ci étant limitées sur notre Terre. C’est le principe général de l’économie circulaire.

Références Références

  1. 150 000 tonnes * 11 600 (kWh/tonne) * 365 j * 0,25  / 0,9 sous forme électrique []
  2. http://changement-climatique.ifpen.fr/dans-le-transport-faire-le-plein-d-economies []
  3. Le moteur hybride à compression http://www.lepoint.fr/auto-addict/innovations/tout-savoir-sur-l-hybrid-air-de-peugeot-et-citroen-23-01-2013-1619225_652.php []
  4. aujourd’hui un peu moins, grâce aux progrès faits sur les réacteurs []
  5. Les recherches sur  les batteries :http://www.celluleenergie.cnrs.fr/IMG/pdf/14-jean-marie_tarascon.pdf []
  6. Une présentation de Pragma industries sur les piles à combustible (cliquez ici) []
  7. voir http://www.afh2.org/fr/accord_daimler_ford_et_nissan et  le film en anglais sous titré : http://blog.alliance-renault-nissan.com/content/strategic-cooperation-between-daimler-and-renault-nissan-alliance-forms-agreement-ford-accel []

Impacts de notre consommation

La consommation actuelle, en France, en Europe, dans les pays développés, n’est pas durable car elle comporte trop de risques : pollution de l’environnement, réchauffement  climatique, et épuisement  les sources d’énergie actuelles.

 

Poster 2

risques Les risques des activités liées à l’énergie

Ils sont de différentes natures et de diverses gravités.

La pollution est une modification défavorable du milieu naturel. Autrefois, les pollutions venaient de phénomènes naturels, comme les éruptions volcaniques, émettant du dioxyde de soufre. Ce gaz, dangereux pour les espèces vivantes qui le respirent, produit de l’acide sulfurique lorsqu’il réagit avec l’eau. En sa présence les pluies deviennent acides et détruisent les forêts. Aujourd’hui, à ces phénomènes naturels s’ajoutent les activités humaines, sources de dégradations de l’environnement au moins aussi importantes. Les pollutions graves sont légions, comme la pollution au mercure ou au PCB 1 des eaux de rivière et de mer, pour des générations2. Une attitude différente, plus respectueuse de notre environnement est devenue indispensable.

Le poster illustre  quelques causes de pollution graves dues aux activités humaines : le rejets de gaz de combustion (carburants) qui polluent l’air3,  l’extraction du charbon mine_charbon, les accidents nucléairescentrale_nucleaire, le transport du pétrole petrolier4

La réduction des risques dus aux activités humaines passe par l’amélioration des techniques, la règlementation et le contrôle, et aussi par le changement des comportements individuels. Par exemple, il s’agit d’améliorer la sécurité des installations à risque élevé, ou de les fermer, d’interdire ou limiter les produits toxiques, d’encourager leur recyclage des déchets.

Nous devons aussi faire face à deux autres risques, de nature et d’impact différents. Ils font aussi l’objet du poster :

  • L’épuisement des combustibles fossiles : les stocks d’énergie fossiles diminuent et ne pourront satisfaire la demande croissante d’énergie au delà de quelques dizaines d’années. Chaque jour, on brûle 13 milliards de litres de pétrole qui avaient mis des millions d’années à se former.
  • Le risque climatique : l’utilisation des énergies fossiles est à l’origine des trois quarts des gaz à effets de serre responsables du réchauffement climatique. Il est urgent de réduire ces émissions en consommant mieux et moins, et en développant les énergies alternatives.

Urgence climatique et réserves qui diminuent : les hydrocarbures doivent laisser la place à de nouvelles énergies. Mais ils ne peuvent pas être remplacés du jour au lendemain.  Les besoins en énergie augmentent, les énergies renouvelables ne sont pas prêtes à remplacer immédiatement et à 100 % les énergies fossiles, parce que tout notre système économique est organisé autour du pétrole. Il faut une transition énergétique qui durera des dizaines d’années. Dans cette période il faudra que les énergies fossiles soient mieux utilisées, et que les énergies renouvelables et tout ce que leur utilisation implique soient développées à grande échelle.

 

co2 Changement climatique et effet de serre

Un changement climatique est en cours. Il est dû aux gaz à effet de serre que nous ajoutons à l’atmosphère. Il menace les écosystèmes naturels dont nous dépendons.

La température moyenne de l’Univers est de –270°C. Sans source d’énergie, notre planète, si elle existait, serait à cette température. Heureusement l’intérieur de la Terre est chaud, en grande partie à cause de la radioactivité naturelle. Ce flux de chaleur géothermique se diffuse lentement vers l’extérieur. Avec cette seule source d’énergie, la température de notre planète serait de –243 °C et l’air serait liquide. Mais là encore, heureusement, le Soleil, notre étoile,  fournit l’essentiel de notre énergie. Son flux, 4 000 fois supérieur à celui qui nous vient de l’intérieur de la Terre, porterait, sans effet de serre, la température moyenne de notre planète à –18 °C. L’effet de serre naturel nous fait gagner encore 33°C ce qui donne une température moyenne de 15°C.

Si l’effet de serre naturel n’existait pas, nous ne pourrions en parler car nous n’existerions pas. Grâce à lui, la température moyenne sur notre planète est de +15°C au lieu de –18°C. A –18°C, l’eau serait sous forme de glace et la vie, s’il y en avait une, prendrait d’autres formes que celles que nous connaissons.

co2ville L’Homme accroît l’effet de serre

L’effet de serre climatique est dû à la vapeur d’eau, au dioxyde de carbone (CO2),  au méthane (CH4) et certains autres gaz que nous rejetons dans l’atmosphère.

co2villeLa concentration des gaz à effet de serre a déjà varié au cours du million d’années qui vient de s’écouler, de même que le climat sur Terre. La concertation de ces gaz  a varié entre  180 et 290 ppmv5. Aujourd’hui, la concentration en gaz à effet de serre est de 370 ppmv,  elle est sortie de sa zone de variation naturelle. C’est que depuis le début de l’ère industrielle, l’homme a rejeté dans l’atmosphère du dioxyde de carbone (émis notamment lors de la combustion des hydrocarbures ou du charbon), du méthane (issu des rizières, des ruminants ou des décharges à ciel ouvert) et du protoxyde d’azote (qui provient des engrais azotés utilisés en agriculture et dans certaines industries), qui n’ont pu être entièrement absorbés par la nature. Ceci ne peut pas être sans conséquences sur la température moyenne de la Terre,  sur les climats des différentes régions de la Terre, sur le niveau des mers, sur les événements atmosphériques extrêmes, sur les écosystèmes en général.

Courbe 2 Scénarios de changement climatique au 21ème siècle

Le futur dépend de nos émissions de gaz à effet de serre
evolution-climat-vs-co2_0

La figure comporte une courbe, noire, qui se divise en deux courbes jaunes et rose, à la date d’aujourd’hui. Elles indiquent l’évolution de la température moyenne de la Terre dans les années à venir, selon deux scénarios d’émission de gaz à effet de serre.

Si  un effort spécial est fait pour réduire les émissions de CO2, la température pourra n’augmenter que de  2°C à la fin du siècle. Si aucun effort n’est fait  et que toutes les réserves de fossiles sont transformée en CO2, la température moyenne pourrait même monter de 4 °C environ au vu des réserves possibles de charbon et autres combustibles non conventionnels et polluants qui pourraient être utilisés (voir la partie du poster sur les stocks)

On a pu calculer que l’évolution à venir du climat jusqu’en 2030 est déjà fixé : il est dû aux gaz à effet de serre qui ont déjà été rejetés dans l’air : il faut 100 ans pour que 50 % du carbone rejeté dans l‘air soit absorbé par les océans.  Ce qui n’est pas absorbé ainsi reste encore plus longtemps dans l’air.  Même si  l’humanité s’arrêtait aujourd’hui d’émettre totalement du CO2, cela n’empêcherait pas la température d’augmenter encore pendant des années. C’est ensuite,  à partir de 2030 que l’évolution du climat dépendra de nos rejets de gaz à effet de serre à venir. Pour  limiter la hausse de température à 2 °C au cours  21éme siècle, les émissions mondiales de CO2 devraient descendre à 13 milliards de tonnes de CO2 par an en 2050, contre 30 aujourd’hui. Pour la France, cela signifie diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

ours Les conséquences du changement climatique

Les conséquences du changement climatique en 2050 ou 2100 sont difficiles à prévoir avec exactitude. C’est un vaste sujet de recherche.

Depuis un siècle, la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,8  °C, mais vers le Pôle Nord, la température a augmenté de 10 °C ! L’Europe et l’Afrique ne sont pas encore aussi touchées par la hausse des températures, mais commencent à subir des changements de leur climat (canicules, fortes pluies, évènements extrêmes).

Les conséquences du changement climatique  sont et seront multiples :
  • réchauffement de l’air et des eaux de mer,
  • augmentation de l’intensité et de la fréquence des vagues de chaleur,
  • modifications des débits et températures des rivières
  • recul de la banquise, et des glaciers,
  • augmentation du niveau des mers de 20 cm à 1 m en 2100.
  • Impacts sur les risques liés aux événements extrêmes,
  • Impacts variés sur la production agricole
  • déplacement d’espèces et d’écosystèmes.

Avec 2 °C de plus, en moyenne globale, une grande partie de la France aura peut être le climat qui règne aujourd’hui dans le sud de l’Espagne, avec des problèmes de canicule, de manque d’eau dans les rivières et au robinet, de production agricole.  Et avec 4 °C ? Tous ces changement demanderont des adaptations qui ont un coût important aussi bien pour les hommes que pour l’économie et l’environnement.

Courbe 1 Scénarios d’épuisement des stocks de combustibles fossiles

Les réserves d’énergie fossile constituent un stock limité.

Il existe plusieurs estimations des stocks d’énergie et plusieurs scénarios d’épuisement de ceux-ci. Parmi tous les scénarios de production d’énergie, celui de l’Association for Study of Peak Oil, (Aspo)6 est l’un des plus débattu. Le résultat principal de ce scénario est tracé en pointillé noir sur le graphe ci-dessous.

scenario_energie_0
  • en noir : production d’énergies fossiles par habitant et par an7.
  • en rouge : consommation  d’énergie totale (fossiles + renouvelables).
  • En pointillés : évolution future passant par un pic, vers ou avant 2020. L’incertitude sur cette courbe correspond à un décalage de celle-ci d’au moins 5 ans.
  • en vert : besoin en énergies renouvelables pour satisfaire la consommation totale.

On observe que la courbe noire, qui représente  la production rapportée à la population mondiale, plafonne vers ou avant 2020, puis décroit : la cause est que la production n’est plus capable de satisfaire la demande. 8

La zone verte indique le besoin en énergies renouvelables pour assurer une consommation mondiale (courbe rouge) de 18 Gtep en 2100 pour 10 milliards d’habitants (contre 12 Gtep aujourd’hui d’énergie primaire).

scenario-aie_0D’autres scénarios comme celui de l’Agence Internationale de l’Énergie (ci-dessus) considèrent que les combustibles liquides ne manqueront pas avant 2035 et même au-delà. Pourtant selon elle, l’extraction de pétrole conventionnel ne peut que diminuer. C’est qu’elle compte sur les réserves non conventionnelles. Celles-ci sont plus chères et leur extraction est plus polluante. Enfin, pour un prix encore plus élevé, il est aussi possible de produire de l’essence à partir de charbon, comme l’a fait l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, ou l’Afrique du Sud. Les combustibles liquides ne sont donc pas prêts de manquer, mais à des prix bien plus élevés que le pétrole conventionnel.

Pour les émissions de CO2, une réduction d’un facteur 2 en 2050 au niveau mondial implique une réduction volontaire de la production plus rapide que celle qui est prédite (courbe noire pointillée) dans le scénario de l’ASPO.  Pour y arriver,  gaz et pétrole s’épuisant, il faudra laisser dans le sol charbon et bitumes lourds non conventionnels et polluants, grâce à des réductions de consommation et l’intervention des énergies durables.

 

besoin_energie_renouv Les conséquences de l’épuisement des réserves : la transition énergétique

Les besoins en énergie augmentent, les stocks d’énergies fossiles diminuent, et les énergies renouvelables ne sont pas prêtes pour les remplacer.  Nous entrons dans une période de transition, avec des énergies renouvelables qui doivent prendre progressivement le relais des énergies fossiles. Toute notre économie reposant sur les énergies fossiles, c’est dès  à présent qu’il faut développer des systèmes énergétiques propres et anticiper la pénurie. Si on l’attend sans la préparer, elles aura des effet brutaux  dans les régions les plus pauvres et dans les régions du monde qui sont dépendantes des importations, comme l’Europe9.

Cette période de transition vient de commencer, et devrait durer plusieurs décennies. L’enjeu est double : satisfaire le développement économique, et limiter les impacts environnementaux.

puce Compléments

puce Références

  1. Les polychlorobiphényles (PCB) sont des liquides plus ou moins visqueux insolubles dans l’eau qui peuvent pour certains perdurer des milliers d’années. Les PCB sont toxiques, y compris à faible dose en tant que perturbateurs endocriniens. En France, fabriquer et/ou utiliser des PCB est interdit depuis 1987. (Informations de Wikipédia) []
  2. Poissons contaminés aux PCB – – Empoisonnement alimentaire – Cancer – part 2/8 https://www.youtube.com/watch?v=9eur0IsXjI8 []
  3. voir par exemple

    []

  4. On trouve sur Internet différentes évaluations des risques, par exemple celle du groupe Climat d’une grande banque (en anglais) http://www.longfinance.net/programmes/london-accord.html?id=448, dans ce rapport

    http://www.longfinance.net/images/reports/pdf/dbcca_energymarkets_2011.pdf []

  5. ppmv : parties par millions en volume. Soit entre 0,180 et 0,290 millilitres de gaz à effet de serre par litre d’air []
  6. créée par Jean Laherrère, géologue et ancien directeur de la production chez Total. Les courbes indiquées sont extraites de son cours à l’école des mines à Sophia Antipolis en 2012. http://aspofrance.viabloga.com/texts/documents []
  7. Pour les calculs, le nombre d’habitants est fourni par les projections de l’UNESCO, qui prévoit une augmentation de la population de 7 milliards aujourd’hui, à 10 milliards de terriens en 2100. []
  8. Cette courbe indique la même décroissance que le PDG de Total, Christophe de Margerie, exprime fin 2012 dans le journal Le Monde : « Le niveau de production de pétrole devrait donc commencer à plafonner vers 2020-2025 » « Sachant que les énergies fossiles représentent aujourd’hui 81 % de la consommation mondiale d’énergie, cette part devrait passer à 74 % en 2035 », ce qui est compatible avec le graphe ci dessus qui est rapportée au nombre d’habitants : comme le nombre d’habitant augmente, la production par habitant plafonne avant 2020 []
  9. L’Europe achète plus de 600 milliards d’euros par an l’énergie qu’elle importe sous forme de carburants fossiles []