Une très forte croissance de la consommation électrique

La croissance de la consommation électrique en France sur un demi-siècle a été très forte.

1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
33 TWh 72 TWh 140 TWh 249 TWh 350 TWh 441 TWh 513 TWh

Cette très forte croissance a  été rendue possible par la construction de nouveaux moyens de production de l’électricité, majoritairement des centrales nucléaires puisque qu’aujourd’hui près de 80% de l’électricité française est issue de l’énergie nucléaire. En 2010, la production hydraulique a été de 68 TWh. Si les Français avaient le même niveau de consommation qu’en 1950, l’hydraulique serait suffisante pour alimenter le pays et il resterait une excédent à exporter. En 1947 un français consommait en moyenne 650 kWh. C’était moins que d’autres pays (à cette époque un américain consommait 1500 kWh et un Suisse 2000 kWh). En 2008 la consommation moyenne d’électricité d’un français était de 7700 kWh.

Les besoins vitaux en électricité ne sont pas les mêmes pour les pays pauvres et pour les pays riches. Alors que beaucoup d’habitants des premiers se contenteront d’un peu d’électricité pour l’éclairage, pomper de l’eau, la télévision, etc. car souvent ils n’y ont pas accès, les pays riches ont la plupart de leurs activités basées sur l’électricité. En l’absence d’électricité une maison est « en panne » et les activités ainsi que le confort deviennent très réduits. Même une chaudière à gaz naturel ou à fuel domestique ne peut pas fonctionner car la partie électrique n’est pas alimentée.

 

Moins consommer, c’est mieux :

En France, 47% de l’énergie produite est utilisée par les ménages pour leur usage domestique La consommation d’une résidence principale se répartit en moyenne de la manière suivante : 69% pour le chauffage, 12% pour la production d’eau chaude sanitaire, 12% pour des besoins spécifiques en électricité comme l’éclairage ou le réfrigérateur, et 7% pour la cuisson des aliments.

Il faut savoir qu’un réfrigérateur de type américain consomme 3 à 4 fois plus d’énergie que son homologue européen. Au moment d’acheter ou de renouveler un appareil ménager, cela vaut le coup de choisir un modèle économe en énergie.

L’électricité n’étant pas chère en France, on n’hésite pas à en consommer plus que de raison. Notre bonne conscience se rassure de ce que 90% de cette production est d’origine renouvelable ou nucléaire, donc sans émission de gaz carbonique. Mais, dans d’autres pays où l’électricité est souvent produite à partir de combustibles fossiles, notamment du charbon, le plus polluant d’entre eux, ce n’est pas le cas.

Même en France, pendant les heures de pointe, on utilise des centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles qui émettent du CO2 lors de leur combustion. Au total, environ 10% de l’électricité française est produite par ce moyen. Consommer l’électricité aux heures creuses plutôt qu’à celle de forte demande produit moins de CO2.

Avant tout, la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas. Laisser une pièce allumée quand on n’y est pas ne sert à rien. Parcourir quelques centaines de mètres en marchant est plus efficace (en matière d’énergie) et plus sain pour l’environnement (mais aussi la santé) que de les faire en voiture. Se demander « est ce que je peux pas faire autrement ce que je m’apprête à faire ? » est un réflexe à acquérir.

Les appareils multimédia dans la maison

Un grand nombre d’appareils numériques envahit les foyers. Chaque appareil en plus entraîne une augmentation de la consommation électrique. Voici quelques ordres de grandeurs. Pour les utiliser il faut aussi de la lumière, mais la consommation d’éclairage n’est pas comptée. Il s’agit bien sûr de consommations typiques qui peuvent varier au cas par cas selon la durée d’utilisation et le type d’appareil. Pour une famille de 4 personnes la consommation électrique est d’environ 1 000 kWh par an, soit environ le tiers de la consommation électrique annuelle de cette famille, hors chauffage électrique éventuel.

  • Smartphone -> 3,5 kWh/an
  • Kit CPL -> 7kWh/an
  • Tablette 10”” -> 12 kWh/an
  • Imprimante jet d’encre -> 25 kWh/an
  • Console PS3 -> 78 kWh/an
  • Moniteur LCD -> 108 kWh/an
  • Box ADSL -> 180 kWh/an
  • TV LCD 42”-> 204 kWh/an
  • PC Portable 15” -> 205 kWh/an
  • PC Bureau (unité centrale) -> 245 kWh/an

Des veilles bien gourmandes

Nous sommes entourés d’appareils électroniques de toutes sortes : télévision, lecteur de DVD, chaîne HI FI, ordinateur, boitier ADSL, etc. Ceux-ci sont très souvent équipés d’un dispositif de veille : lorsque l’on arrête l’appareil avec la télécommande, celui-ci ne s’éteint pas complètement mais se met en veille (et même une personne avertie ne trouve pas toujours facilement l’interrupteur qui éteindra complètement l’appareil).

Bien que le consommateur n’utilise pas l’appareil, celui-ci consomme alors de l’énergie. Paradoxe, sur certains appareil anciens, la consommation en veille (parce qu’elle dure plus longtemps) est supérieure à celle pendant sa durée d’utilisation.

Un téléviseur peut ainsi consommer en veille environ 150 kWh/an, une chaîne HI FI 200 kWh/an. Une famille peut ainsi consommer jusqu’à 800 kWh/an pour la veille de ses appareils, soit plus que le réfrigérateur et le lave vaisselle réunis, et ce pour un service complètement inutile !

En Allemagne, en 2003, la production d’électricité de l’ensemble des éoliennes a été 18,6 TWh (pour une puissance installée de 14 GW). C’est moins que la consommation annuelle de veille des appareils électroniques du pays ! C’est un gaspillage car cette énergie aurait pu être utilisée à autre chose, diminuant ainsi les besoins en centrales en charbon particulièrement polluantes.