« Ressources » et « réserves »

« Ressources » et « réserves »

Les mots «ressources » et « réserves » ont des sens très précis pour les géologues.

Les « ressources », de charbon par exemple, sont constituées de tout le charbon que l’on peut trouver sur Terre, y compris celui qui se trouve à 3 000 mètres de profondeur dans des veines de 10 cm d’épaisseur, que personne n’ira jamais chercher : il coûterait plus d’énergie de le ramener à la surface que ce qu’il pourrait fournir. Autre exemple, dans le sous-sol de la région parisienne dorment des dizaines de milliards de barils de produits fossiles, non conventionnels et difficiles à extraire1

Les diverses estimations s’accordent sur le fait que les ressources sont très importantes : il existe quantité de « ressources » de pétrole, de gaz et de charbon et autres produits non conventionnels. Pour l’essentiel elles ne sont pas exploitables, au moins dans l’état actuel des techniques. Celles-ci n’évoluent pas vite2

Le mot « réserve » a un sens différent ; les réserves sont les ressources que l’on exploite, ou que l’on peut exploiter. Par exemple en France il n’y a pas de réserve de charbon, car exploiter le charbon est interdit. Il n’y a pas non plus de réserves de gaz de schistes, pour la même raison. Un jour futur le charbon pourrait redevenir une réserve en France, mais pour cela il faudrait que la population l’accepte, que les règlements changent, …

L’abondance des réserves  repose sur la capacité technique à extraire pétrole, gaz et charbon des endroits où ils se trouvent.  Elles sont souvent présentées en nombre d’années d’exploitation restantes (par exemple les estimations de l’AIE) au rythme de consommation actuel. Les chiffres disponibles sont en général donnés sans marge d’erreur. Dans ce cas, cette marge est au moins de l’ordre de 20%. Les chiffres sont aussi à prendre avec précaution : comme ils peuvent avoir des répercussions économiques, les données sont opaques, et l’information peut être manipulée.

  1. HYDROCARBURES NON CONVENTIONNELS, IFP-EN, 2011 []
  2. Comme le dit le PDG de Total, Christophe de Margerie : « Dans notre industrie, 2010-2035, c’est une période très courte. La possibilité de réaliser des « ruptures » technologiques et de les transformer en réalité industrielle prend beaucoup de temps. » http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/10/christophe-de-margerie-le-changement-climatique-c-est-serieux_1814993_3244.html []