Beaucoup d’énergie sans le savoir

La fabrication, le transport, l’utilisation d’un jean consomment de l’énergie. Ci dessous, le détail, et d’autres exemples : fraise, lait, viande de bœuf, smartphone, ordinateur, autoroute.
Poster 2

14litres 14 litres équivalent pétrole dans mon jean !

L’équivalent de 14 litres de pétrole !  C’est-à-dire 140 kWh, dépensés en moyenne entre le champ coton et la  destruction du jean,  pour un jean porté lavé et séché 70 fois.
  • La fabrication et le  transport du jean, coutent environ 43 kWh. C’est ce que révèle l’enquête minutieuse sur toutes les étapes de la vie du jean1  avant son arrivée dans le magasin.  On l’appelle cette énergie l’« énergie grise », c’est celle qui est dépensée avant l’usage.
  • Le coût de l’usage  dépend de l’utilisateur.  Porter le jean plus longtemps permet d’économiser l’énergie de la fabrication d’un nouveau jean.

Cette énergie a été consommée sous forme de carburant (essence, gasoil) ou d’électricité, celle-ci étant produite dans des centrales 2

fabrication Du champ de coton à la sortie de l’usine

 Il faut 39 kWh pour la fabrication.

Pour arriver à ce nombre il a fallu prendre en compte dans le détail toutes les étapes de la fabrication du jean : d’abord la production du coton (irrigation, utilisation d’engrais,  de tracteurs,  …). Puis il a fallu filer le coton, tisser la toile écru denim, l’ennoblir, confectionner le pantalon avec la doublure, les rivets, les boutons, puis enfin le traitement du pantalon pour obtenir un jean délavé.
Le cout total est d’environ 39 kWh sous forme de gasoil pour la culture du coton, de pétrole, gaz et charbon pour chauffer les produits et les bâtiments, pour fabriquer l’électricité pour les machines, et pour fabriquer les engrais, les pesticides, le fil à coudre, la teinture, les rivets et boutons en métal, etc.

transports Le coût du transport

Plus de 27 000 km avant d’arriver à Marseille, pour  à peine 3 kWh !

27 000 km, c’est la distance parcourue depuis l’Ouzbékistan où se trouve le champ de coton. Des jeans viennent d’Egypte, de Turquie, de Tunisie, cela ne change pas beaucoup la quantité d’énergie  utilisée pour la production.Même pas un demi-litre de pétrole ! C’est que les porte-containers glissent lentement sur l’eau en transportant des milliers de tonnes de produits. Or un jean pèse seulement quelques centaines de grammes, ce qui représente une toute petite part du chargement. Les trains et camions semi-remorques, si ils sont bien remplis, coûtent aussi très peu d’énergie par kilogramme transporté. C’est ce coût très faible du transport des marchandises qui permet la mondialisation.

Le stockage en entrepôt et la livraison au magasin constituent aussi un coût faible en énergie (éclairage, livraison en gros camions).

usage Le coût de l’usage

L’utilisateur dépense plus ou moins d’énergie à l’entretien du jean.

L’utilisateur peut  dépenser plus ou moins d’énergie à l’entretien du jean. Pour un  jean lavé et séché toutes les semaines  pendant un an et demi, la dépense d’énergie pour l’entretien  est de 104 kWh.
C’est le séchage en machine qui est  le plus énergivore, très loin devant le coût énergétique du transport.   Si le jean est lavé en machine, mais ni séché en machine, ni repassé, le cout descend à  25 kWh, au lieu de 104 kWh.

Dans le cas d’un nettoyage régulier au pressing, la dépense d’énergie monte à 660 kWh ! A ceci il faut rajouter le transport du jean jusqu’au pressing qui peut nécessiter d’y aller en voiture.

La lessive est aussi  énergivore : le cycle de vie de toute la lessive utilisée consomme environ 8 kWh : presque le contenu d’un litre de pétrole pour 70 lessives d’un jean de 600 g, dans une machine à laver de 5 kg bien remplie.

Les nouvelles machines sont conçues pour moins consommer d’électricité  (classe A, A+ A++, …) que les anciennes : par exemple comme chauffer l’eau est énergivore, les machines à laver les plus économes utilisent le minimum d’eau possible. Nous avons considéré des lavages en machine de classe B.

fille Alors, qui dépense le plus ?

C’est l’utilisateur du sèche-linge !

C’est l’utilisation du sèche-linge qui consomme le plus de tout le cycle de vie : 80 kWh. Porter un jeans sans utiliser de sèche-linge réduit ne revient qu’à 60 kWh au lieu de 140

Mais si le jeans doit passer au pressing à cause de paillettes ou décorations fragiles, la consommation d’énergie monte à 660 kWh, soit 8 kWh par semaine !

recyclage Allonger la durée de vie et recycler !

Ensuite, le jeans peut encore être en assez bon état pour être recyclé, et avoir une seconde vie, ce qui amortit le coût de fabrication. Le cout énergétique du jeans porté 3 ans, ne passant pas au sèche linge,  passe de 2 à 0,65 kWh par semaine.

transport Autres exemples de cycles de vie

1 kg de  fraises3

fraisesProduction et transport : 0,2 kWh pour des fraises produites localement ou voyageant par camion. Les fraises arrivant par avion du Moyen Orient, d’Inde etc., ont un coût en énergie bien plus important, de l’ordre de  50 kWh et plus.

1kg de bœuf

fraisesproduit localement :  15 kWh et 16 kg de CO2. L’élevage du boeuf produit  des gaz  à effet de serre (méthane), dont l’effet est le même que 16 kg de CO2. Le mouton et l’agneau sont aussi des ruminants, leur élevage produit  aussi du méthane.

Manger de la viande pollue plus ou moins

Tentons d’établir le bilan énergétique et environnemental global de la viande que nous mangeons. Il nous faut inclure à la fois l’élevage et le transport des animaux, sachant que chaque étape consomme de l’énergie et émet des gaz à effet de serre. Ce bilan est très différent selon la nature de la viande. La production de nourriture pour les animaux nécessite l’utilisation d’engrais qui conduisent à l’émission d’oxyde d’azote, N2O. Alors que 2 kg de céréales suffisent pour produire 1 kg de poulet, il en faut 7 kg pour aboutir à 1 kg de bœuf. Les ruminants ont par ailleurs le défaut d’émettre du méthane, CH4, qui est un puissant gaz à effet de serre. Les vaches, chèvres et moutons contribuent ainsi à environ 15 à 20% aux émissions de méthane dans l’atmosphère ! Au total, manger du bœuf plutôt que du poulet conduit, pour le même poids ingéré, à des émissions de gaz à effet de serre dix fois supérieures.

Plus généralement, entre 1990 et 2004, l’évolution de la consommation alimentaire des français a été responsable d’une augmentation de 20% des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agroalimentaire. De quoi nous réfléchir au moment de remplir notre caddie…

1 kg de lait

lait0,8 kWh et 1 kg de CO2

Ordinateur et écran plat

ordiFabriqués en Asie, les estimations sont de l’ordre de 950 kWh et 890 kg de CO2 et 50 kg de transport.

L’utilisation d’un ordi est d’environ 100 kWh d’électricité par an, cela dépend de sa puissance, et l’émission de 7 kg de CO2 par an, très faible en proportion du coût de fabrication. On économise une tonne de CO2 par ordinateur dont la durée de vie est doublée !4

Téléphone

La fabrication de l’Iphone 5 produit 57 kg de CO2,  sont transport dégage 3 kg de CO2.  La recharge de la batterie, tous les jours pendant 3 ans ne produit que 0,5 kg de CO2.5

Autoroute :

59 800 litres de pétrole par km.
La construction des routes est très énergivore.  Mais  ramené à chaque utilisateur,  il est bien inférieur au coût de l’utilisation par les véhicules qui passent dessus. Par exemple,  les 4 300 km d’autoroutes gérés par Vinci, ont permis d’effectuer 47 milliards de km  en 20116.  Pour une exploitation de 20 ans le coût n’est que 0,0003 litre par kilomètre parcouru, alors qu’un véhicule consomme typiquement 5 litres par 100 km, soit 0,05 litre par km, plus de 100 fois plus.

puce Compléments

Le cycle de vie : une analyse globale.

La page de l’ADEME consacrée à l’impact environnemental des produits  est très instructive :

http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12908 [1]

A propos de Jean
A propos de téléphone portable

puce Références

  1. on appelle une telle analyse, qui va de la conception à la destruction ou au recyclage d’un objet, « l’analyse du cycle de vie » []
  2. Jean : information complémentaires sur les chiffres présentés

    Les chiffres obtenus  sont issus d’une étude : « Analyse de cycle de vie d’un pantalon en jean, Rapport Final, Octobre 2006 » (fichier pdf) : http://www.ademe.fr/internet/eco-jean/Ecoprofil_jean_final.pdf Les chiffres présentées sur le poster ont été adaptés au cas d’un jean de durée de vie 2 ans, porté en moyenne deux jours par semaine, lavé toutes les trois utilisations, et séché dans un sèche-linge.  En recalculant les nouvelles valeurs de consommation à l’aide des chiffres fournis dans l’étude nous avons  isolé à chaque étape le coût du transport.

    Pour l’usage, l’énergie électrique utilisée en France est convertie en énergie primaire à l’aide du coefficient 2,58 (source  de Glossaire de l’ADEME, Energie primaire http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=12843&p1=5.

    Le Jean (0,66 kg) gardé deux ans, est  porté  deux jours par semaine   (52*2*2) = 208 jours. Il est lavé et séché au sèche-linge tous les 3 usages, ce qui donne 70 lavages (en machine à laver classe C), 70 doses de lessives et 70 séchages, soit :
    –  70 lavages  =70* 0,67 kWh/5 Kg *0, 66 Kg = 6,2 kWh électrique *2,58 =  16 kWh primaire
    –  70  doses de lessive : 70*  0 ,660/5 kg * 3,3 MJ/3,6 = 8,4 kWh primaire
    Soit 24 kWh lavage + lessive
    -70 séchages = 70*0,75kWh/kg*0,66 *3,3/3,6*2,58 = 82 kWh
    []

  3. Fraises, bœuf, lait … : http://www.inrets.fr/fileadmin/ur/dest/PDF/Journee_Supply-Chain/Cruypenninck.pdf []
  4. []

  5. []

  6. voir le site de Vinci-Autoroute http://www.vinci-autoroutes.com/fr/chiffres-cles []